Comme militant UMP, je souhaite que Marie-Jo Zimmermann et ceux qui l'ont accompagné dans sa forfaiture, s'il leur reste une once de dignité, démissionnent sans délai de l'UMP.
1/ Marie-Jo Zimmermann : Son parcours politique.
Marie-Jo Zimmermann est née le 29 avril 1951 à Creutzwald. Elle est professeur certifiée (Notices et portraits de l’Assemblée Nationale – 12ème législature). Elle entre réellement sur la scène politique messine avec son élection à la députation en 1998.
Législatives 1997-98 : MJZ est suppléante de Jean-Louis Masson. Ce dernier est réélu au second tour avec 53,45%. Les comptes de campagnes étant déclarés non-conformes, l’élection est annulée et Jean-Louis Masson est déclaré inéligible. Par une curiosité législative, MJZ n’est pas déclarée inéligible et se présente donc à la partielle de janvier 1998. Elle est élue au second tour.
Régionales 1998 : MJZ est n°3 sur la liste de Jean-Louis Masson et est élue conseillère régionale.
Municipales 2001 : Marie-Jo Zimmermann mène une liste d’opposition au maire sortant. Jean-Louis Masson y figure en sixième position. Au second tour, sa liste ne recueille que 17,31% et trois élus.
Cantonales 2001 : MJZ est candidate sur le canton de Metz III face à Nathalie Griesbeck. Au premier tour, elle n’obtient que 23,38%. Ce score est néanmoins suffisant pour qu’elle se qualifie pour le second tour. Elle n’en fait rien et jette l’éponge. Nathalie Griesbeck est ainsi réélue le dimanche suivant avec 100% des voix.
Législatives 2002 : Elle est élue au second tour avec 62,22% des voix face à l’euro-député verte Marie-Anne Isler-Béguin.
Cantonales 2004 : Denis Jacquat réélu député de Metz II doit abandonner son siège de conseiller général en 2002. Son suppléant, Philippe Grégoire, est élu. En 2004, il se représente mais doit faire face à un candidat « zimmermanien » André Masius. Au second tour, le canton de Metz II bascule à gauche, bien que la droite y soit majoritaire.
Régionales 2004 : Alors qu’en 1998, le RPR n’avait soutenu aucune liste, trois têtes de liste d’alors (Philippe Leroy, Jean-Marie Rausch et Jean Kiffer) soutiennent la liste UMP de Gérard Longuet. Seul Jean-Louis Masson refuse la démarche d’union et lance une liste autonome. Marie-Jo Zimmermann est sa tête de liste en Moselle. Au second tour, la liste PS-PCF-Verts gagne la région.
Cantonales 2008 : N’osant plus se présenter sur le canton de Metz III suite à son échec cuisant sept ans plus tôt, elle y envoie l’un de ses obligés en la personne de Bernard Foucault. Alors que le Comité départemental de l’UMP vote aux ¾ en faveur d’Anne Stémart, celui-ci maintient sa candidature laissant ainsi un boulevard pour Nathalie Griesbeck du Modem.
2/ Son allié : un sénateur pas très fréquentable.
La candidature dissidente de Jean-Louis Masson en 1992, face à la liste officielle du RPR mené par Roger Husson, n’est qu’un amuse-bouche au regard de la trajectoire politique de l’âme damnée de Marie-Jo Zimmermann.
En effet, élu en 1978 député de Metz III, les Messins entendent parler de Jean-Louis Masson dès 1983 où celui-ci se déclare candidat à la mairie de Metz. Durant la campagne, un tract anonyme circule : « Masson sera écrasé comme un cancrelat. Il faut le traiter comme un minable. Rausch, c’est le plus grand et le plus fort » (Libération 12/02/1983). Sauf que ce document diffamatoire à l’égard du jeune député s’avère être l’œuvre d’amis de Masson. Il ne lui resta plus qu’à retirer sa liste.
Jean-Louis Masson, à qui il faut reconnaître une parfaite maîtrise du droit, sait en user et en abuser. Ainsi, lors des législatives de 1997, on trouve dans la 1ère et dans la 3ème circonscription de Guadeloupe, deux candidats sous l’étiquette « Guadeloupe, nature, environnement » à savoir Jean-Louis et Viviane Lapierre, qui ont pour suppléants Dominique et Isabelle Masson (la femme et la fille de JLM). On veut bien croire à l’intérêt de la famille Masson pour l’écologie en Guadeloupe, sauf que le parti de rattachement est « Metz pour tous » (Républicain Lorrain 10/05/1997). Le financement des partis politiques étant plus lestes au niveau des DOM-TOM, « Metz pour tous » perçu une généreuse dotation de l’Etat qui permit la production et la diffusion de la propagande de Jean-Louis Masson et Marie-Jo Zimmermann. On retrouve Jean-Louis Lapierre sur la liste de MJZ lors des municipales de 2001. Le procédé étant devenu trop visible – Metz dans les DOM-TOM n’étant pas très crédible – le parti fut rebaptisé « Démocratie et République ». Ce mouvement a touché en 2005 (JO 25/01/2007 p.36110-36111) 44298 euros : 2 euros au titre de la première fraction et 44296 euros au titre de la deuxième fraction.
On pourrait naturellement y ajouter d’autres faits (tentative de déstabilisation d’un conseil municipal, pilotage de procédure d’invalidation, …) mais je risquerai d’être un peu long et je ne souhaite présenter que des données dont j’ai des preuves ce qui explique les différentes sources que je précise. Pour autant, je vais finir par une anecdote dont j’ai été le témoin direct. Fin 2006, j’ai été invité, comme l’ensemble des adhérents UMP de la circonscription de Metz III, par Marie-Jo Zimmermann et Jean-Louis Masson à une réunion qu’ils tenaient au Madrigal (leur QG) à Metz-Magny. Par curiosité, plus que par adhésion, je m’y suis rendu (au passage, je n’en ai pas honte, bien que certains aient menacé de révéler ma présence. Suis-je une menace ? Pour qui ? Je préfère en rire). Quelle ne fut pas ma surprise, à l’approche de l’élection présidentielle où il devait être question de programme et de stratégie, de voir que JLM avait invité Me Delrez. Bien que ne partageant pas la vision politique de Me Delrez, je lui reconnais une certaine probité politique et voici qu’il s’accoquine avec Masson. Tableau surréaliste !
Aujourd’hui, Marie-Jo Zimmermann prétend s’être émancipé de Jean-Louis Masson. Comment la croire, lorsque ce dernier envoie avant le premier tour un courrier appelant à la constitution d’un comité de soutien à la candidature municipale de MJZ.
3/ Le Premier tour des Municipales.
Marie-Jo Zimmermann axe sa légitimité sur le fait qu’elle a été élue au premier tour lors des dernières législatives. En comparant les résultats de 2002 (49,54%) et de 2007 (50,96%), on remarque qu’elle n’augmente son score de premier tour que de 1,42 point. Par ailleurs, elle est minoritaire sur la ville de Metz (cantons 2 et 3), où elle ne totalise que 47,17%. Pire, son score sur Metz en 2002 était de 48,50%. En cinq ans, elle perd donc 1,33 point sur la cité messine.
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Tableau comparatif Législatives 1er tour |
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Circonscription |
Candidat |
2002 |
2007 |
2007-2002 |
|
5 |
Lett |
34,88% |
61,38% |
+ 26,50 |
|
4 |
Marty |
35,64% |
56,67% |
+ 21,03 |
|
10 |
Ferrari (2002 : Kuntz) |
17,75% |
34,69% |
+ 16,94 |
|
2 |
Jacquat |
37,15% |
45,88% |
+ 8,73 |
|
7 |
Wojciechowski (2002 : Berthol) |
43,63% |
52,12% |
+ 8,49 |
|
6 |
Lang |
46,80% |
52,40% |
+ 5,60 |
|
1 |
Grosdidier |
42,34% |
44,67% |
+ 2,33 |
|
3 |
Zimmermann |
49,54% |
50,96% |
+ 1,42 |
|
9 |
Demange |
49,69% |
41,57% |
- 8,12 |
|
8 |
Missoffe (2002 : Kiffer) |
39,68% |
30,36% |
- 9,32 |
Elle répète à l’envie : « Seuls les Messins m’intéressent. » (La Semaine 13/12/2007). C’est sans doute cet intérêt pour les Messins qui explique le fait qu’une fois élue conseillère municipale en 2001, elle s’est empressée de démissionner et de faire démissionner l’ensemble de sa liste, pariant ainsi sur le décès du maire ce qui aurait provoqué une municipale partielle.
« La seule qui incarne le renouveau sur Metz, c’est moi ! » (La Semaine 13/12/2007). Il est vrai qu’en s’alliant avec Alain Hethener et Denis Jacquat, on sent immédiatement le renouveau.
L’UMP l’a chargé de « mener toutes les négociations utiles » avec Jean-Marie Rausch. Mais elle refuse de se rendre à un repas avec ce dernier, sous le prétexte que François Grosdidier, qui, rappelons-le, est président de l’UMP-Moselle y assiste (RL 08/12/2007). Etrange conception de l’ouverture d’esprit où l’on refuse de discuter avec ses propres partenaires.
4/ Fusion, Effusion et Confusion.
Ne totalisant que 16% au premier tour, MJZ devait, conformément aux engagements pris devant la commission d’investiture de l’UMP, fusionner avec la liste Rausch ou se retirer.
Une fois de plus, elle a choisit de faire le jeu de la gauche avec une alliance improbable avec le Modem et Metz2008.com
Nathalie Griesbeck écrivait, lors des dernières régionales, en 2004, : « Je vous ai dit que je voulais mettre fin à la politique politicienne, aux marchandages, aux tractations et aux compromissions […] Je persiste et je signe. » (profession de foi de la liste UDF – Une liste pour l’Emploi). Ce qui est vrai au Conseil régional, n’est-il pas valable à la Mairie de Metz.
Emmanuel Lebeau, garçon bien sympathique, qui a eu le mérite de faire de la politique autrement avant le premier tour, dévoile son vrai visage. Se déclarant « Indépendant des partis politiques » (affiche de campagne), il participe à cette fusion uniquement pour asseoir ses ambitions personnelles.
Messins, refusez cet attelage baroque.
Dimanche, faisons barrage à la liste Zimmermann.
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